4 avril 1891. Sérusier accompagne à la gare de Lyon son ami Gauguin qui part pour Tahiti. En juin de la même année, Sérusier est à Huelgoat. Il a toujours recherché dans le catholicisme, la littérature classique et les religions extrême-orientales l'explication de la place de l'homme dans l'Univers Cosmique. Après plusieurs voyages en Bretagne, il est convaincu que c'est là qu'il trouvera l'atmosphère spirituelle dont il a besoin. Le roi Arthur et Gargantua auraient habité ces lieux. Sérusier est séduit par l'endroit et ses légendes. La combinaison de l'art du portrait de la Renaissance Italienne, des principes du dessin japonais et des sujets bretons caractérise les meilleurs tableaux qu'il réalise à Huelgoat. Il se détache de l'influence de Gauguin et trouve son style propre, des harmonies plus simples et des teintes sombres. «Les Saintes Mesures» A l'automne 1893, il découvre Châteauneuf-du-Faou qui s'étend le long de l'Aulne. Il aime le calme paisible de cette ville de 3.000 âmes qui n'est pas un site touristique. Il y passe les trois quarts de l'année. Sinon il va à Paris où ses œuvres ne connaissent pas le succès. En 1896, il reçoit une lettre de son ami Verkade qui est devenu moine dans l'abbaye bénédictine de Beuron (Allemagne) et qui peint sous la direction du Père Desiderius Lenz. Ce dernier a étudié l'art des «primitifs», c'est à dire des Egyptiens et des Grecs. Il a établi une série de formules mathématiques nommées «Les Saintes Mesures» qui dictent les proportions à employer pour construire des compositions. Il semble à Sérusier que Verkade a trouvé la communauté artistique qu'il cherche depuis longtemps. La carrière de Sérusier, entre 1896 et 1927, est dominée par le conflit entre son désir d'explorer les théories mathématiques et son attachement à la Bretagne. Pendant cette époque, il s'éloigne des Nabis qui ne sont pas enthousiasmés à l'idée de concevoir une toile à partir d'un compas et des mathématiques. En 1906, Sérusier fait construire et s'installe dans sa maison de Châteauneuf-du-Faou. Elle domine un vallon, affluent de la vallée de l'Aulne dont il peindra la vue sans se lasser. Il donne également des cours de théâtre et en peint les décors. Le jeudi 6 octobre 1927, il rend visite à sa femme qui est hospitalisée à Morlaix. Il y est terrassé par une embolie. Dans la Dépêche de Brest et de l'Ouest (ancêtre du Télégramme) du lundi 10 octobre il figure dans l'état-civil en quelques mots : «Décès : Louis Sérusier, 62 ans (Château)». Il est inconnu du grand public.

Origine: Le Télégramme, Bretagne.com

les tableaux  de la période d' huelgoat  lors des ventes  s'élevent à plus de 250000 euro